L'association "Le printemps de la convivialité", créée en 2007, s'appelle depuis 2009 "Entreprise & Convivialité".


Témoignages

Philippe Korda, consultant associé


1. Que pensez-vous de la convivialité au travail ?

Philippe Korda, consultant associé
Regardons la dernière enquête de grande ampleur menée en France sur les attentes des salariés par rapport à leur travail. On y découvre que la première attente des collaborateurs, c'est la qualité des relations humaines dans l'entreprise. Cela vient avant le plaisir du travail lui-même, avant la possibilité d'apprendre et même avant le besoin de faire quelque chose d'utile. Il n'y a pas de travail acceptable sans un minimum de convivialité !

2. La convivialité est-elle un levier de performance économique et/ou humaine ?

Les travaux menés par l'institut Gallup  ont démontré l'existence d'une forte corrélation entre la performance d'une entreprise (croissance, rentabilité, satisfaction client, présentéisme etc.) et le taux de réponses positives à la question : « Avez-vous un de vos meilleurs amis au travail ? ». La convivialité est donc un facteur incontestable de performance dans tous les domaines. Ce n'est évidemment pas le seul, mais c'en est un et il est important.


3. Dans « L'entreprise réconciliée », pourquoi dites-vous que le triptyque « clients, actionnaires, salariés » devrait fonctionner sous la forme

Je suis convaincu que les stratégies qui se fondent sur une opposition entre l'économique et l'humain - ou sur un choix entre l'économique et l'humain - sont vouées à l'échec. Les entreprises gagnantes créent un cercle vertueux en développant les personnes, qui elles-mêmes s'impliquent davantage pour servir les clients et dégager des résultats. Ces résultats peuvent ensuite être en partie partagés avec les salariés et réinvestis dans le développement des offres aux clients, et ainsi de suite.



4. Que manque-t-il aux salariés pour qu'ils ressentent une « fierté de contribuer à une œuvre durable et utile » ?

Les dirigeants doivent constamment rappeler – et se rappeler – que leur entreprise a des métiers, qui ne consistent pas directement à rétribuer des actionnaires, mais d'abord à servir des clients et à apporter une contribution utile à la collectivité. Plus on valorise les métiers, plus on donne du « sens » au travail des collaborateurs. Et plus on fête les succès – grands et petits, individuels et collectifs -, plus on crée chez chacun la fierté decontribuer à une œuvre qui en vaut la peine. 


5. Selon vous, même si c'est à chaque individu de prendre conscience de sa part de responsabilité dans son épanouissement professionnel, « l'entreprise peut au moins créer les conditions de déclic ». Quelles sont-elles ?

Se plaindre est un sport national. On évalue à dix heures par mois, en moyenne, le temps passé par chaque salarié à critiquer sa hiérarchie ou à écouter des collègues critiquer leur hiérarchie ! On ne peut pas faire le bonheur des gens à leur place, mais on peut créer quelques conditions. D'une part, l'entreprise doit d'abord être à l'écoute des problèmes, des attentes et même parfois des souffrances de ses collaborateurs, et faire le maximum pour y apporter des réponses. Mais ; d'autre part, elle doit faire en sorte qu'on parle aussi de ce qui va bien ! La convivialité permet justement aux collaborateurs de partager des moments joyeux ou drôles et d'évoquer des sujets positifs : cela donne une occasion à chacun de faire la part des choses, de relativiser ce qui ne va pas et de réaliser que beaucoup dépend de soi.


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